Sur la pression des événements, les
techniques de construction ont connu depuis 1980 une évolution
technologique plus importante que celle de l'automobile. Moins
visible, elle nous échappe souvent, mais elle est pourtant bien
présente. Les professionnels de la construction, généralement
peu enclin à changer leurs habitudes, sont cette fois nombreux à
avoir compris qu'une révolution est en marche :
les maisons
passives
Si vous avez des panneaux
solaires sur votre toit et faites un peu attention à l'énergie,
ce n'est pas pour autant que votre maison est « passive » car
pour ce type de maison il y a des normes bien précises à
respecter. C'est le fruit d'un travail de longue haleine pour
métamorphoser des décennies de boulimie énergétique et de
pratiques polluantes.
•
Mais , c'est quoi une maison
passive ?

Tout d'abord, il faut bien
faire la différence entre maison solaire passive ou maison
bioclimatique. La maison passive, à l'inverse des autres, est un
label et doit répondre à certaines exigences précises.
C'est une maison qui n'a pas
de système de chauffage traditionnel. Ça peut paraître « magique
», mais c'est possible. Pour y arriver, plusieurs points sont à
prendre en considération.
D'abord, la maison passive
doit être très isolée. On arrive facilement à une épaisseur
d'isolant de 30cm dans les murs... Cela implique notamment
d'avoir des châssis et des vitrages très performants. On utilise
du triple vitrage avec un châssis spécialement isolant. Cela
implique également l'absence totale de ponts thermiques ( points
faibles dans l'isolation, particulièrement aux raccords ).
Il faut également que la
maison soit totalement étanche à l'air, la moindre fuite d'air
par une imperfection de l'enveloppe du bâtiment est une porte de
sortie pour la chaleur.
Suite à cela, une
ventilation s'impose pour garantir la quantité de l'air. La
maison passive applique un système de ventilation mécanique
double flux avec récupération de chaleur.
Puisque la ventilation
récupère entre 80 et 90% de la chaleur qui pourrait sortir
du bâtiment, il est un peu ridicule d'installer un chauffage
central pour le peu de chaleur encore nécessaire. Pour cet
appoint de chaleur, on préchauffe un peu l'air entrant dans la
maison au moyen, par exemple, d'un puit canadien et d'une petite
pompe à chaleur ( puissance 2000w) air/air qui récupère
l'énergie résiduelle contenue dans l'air extrait. Cela permet
d'atteindre la norme de 15kWh par m² et par an pour l'énergie de
chauffage.
Bien entendu, une maison
passive profite également des apports gratuits du soleil et
l'orientation de la maison ainsi que l'emplacement des fenêtres
ont leur importance.
On pourrait résumer le
principe d'une maison passive en disant qu'il faut éviter les
pertes et maximiser les gains.
•
Pour construire « passif » il
faut tout de même faire attention à 2 choses :
–
avoir une grande rigueur de mise
en oeuvre ( pour ce faire, il est important que tous les corps
de métier se sentent concernés par l'affaire .
–
Il faut également être sûr qu'on
ne dépassera pas la norme de consommation de chauffage, sinon,
la ventilation ne sera pas capable de prendre en charge
l'appoint de chauffage puisque celui-ci sera trop important.
Cela se calcule grâce à un programme informatique mis au point
spécialement pour les maisons passives.
•
Quels sont les inconvénients
d'une maison de ce type ?
Il y en a deux principaux :
1)
Une maison passive nécessite un surcoût
de 10 à 15% à la construction. Ces frais supplémentaires seront
récupérés à l'usage grâce à la très faible consommation de la
maison mais dans l'état actuel des choses ( peu de primes, etc.
) il faut voir à long terme. Le temps de retour sera d'autant
plus faible que le prix de l'énergie augmente ...
2) Le principe est difficilement applicable en rénovation pour
des raisons techniques, or il serait plus intéressant
de donner une nouvelle vie à des bâtiments existants plutôt que
de construire encore plus.
... donc beaucoup
d'avantages, la faible consommation d'énergie est un atout
important dans la situation actuelle du prix de l'énergie mais
également dans le but d'atteindre les objectifs du protocole de
Kyoto. Le chauffage domestique est responsable pour près de 20%
des émissions de CO2
Page réalisée par Louise
Archambeau- 4G3 option Latine - année scolaire 2008-09